© Mathieu Onuki & Seokkyung Bae

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Raptus

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Créé en janvier 2012 au Parc de la Villette, Paris

 

RAPTUS : Impulsion violente et soudaine susceptible de pousser quelqu’un à un acte violent ; désir soudain et impérieux d’accomplir un acte ; violente crise comportementale accompagnée d’une perte de contrôle de soi.« La plus grande tragédie contemporaine, c’est la disparition progressive des affects » disait l'auteur britannique J.G. Ballard. Ne pas voir, faire « semblant » de voir, voir sans agir : l'image médiatique est au coeur du processus d’apprentissage de l’indifférence et de la raréfaction de l'empathie, tout en laissant croire qu'elle ouvre de nouvelles pratiques compassionnelles.

Il y a aujourd'hui une très forte corrélation entre la perte d'empathie à laquelle l'économie néo-libérale nous astreint de plus en plus, et le désir de s'extraire du « circuit », de se retirer du monde, par n'importe quel moyen... drogue, alcool, somatisation.
L'espace que je désire explorer est celui de cette somatisation.Quelles sont les réponses de l'être humain au trauma ? Comment réagit-il ? Par quels dysfonctionnements physiques ?
En essayant de s’adapter aux règles, aux lois, aux moeurs ambiantes, l'individu se morcèle et cela engendre parfois la confusion mentale. Si le raptus semble alors surgir sans raison apparente c’est peut-être pour sortir de cet enfermement, de ce conditionnement lié à ce que Kafka appelle « la culture moyenne d’un européen ».
Le raptus, serait alors une manière de tenter d’échapper au « sans issue », au sentiment d'impasse, une manière détournée de tenter l’impossible : retomber sur ses pieds !
De même que la violence dont parle Jean Genet, c'est une réponse à la brutalité d'un système.
Ce dont témoignent les personnes qui sortent de ce « temps commun » inhumain, au risque de la marginalisation, c'est de la multiplicité des figures qui les traversent. Je m'attarde sur les identités multiples et les inévitables dédoublements et mimétismes qu'elles engendrent, les déchirements et les logiques schizophréniques de ces « naufragés » (Patrick Declerck).

François Verret, le 3 février 2011

GÉNÉRIQUE

Mise en scène : Francois Verret
Avec : Natacha Kouznetsova et Francois Verret
Réalisation images : Manuel Pasdelou
Lumières : Manuel Pasdelou
Production déléguée : La compagnie FV
Coproduction : Le phénix scène nationale Valencienne, Le merlan scène nationale Marseille, parc de la Villette Paris dans le cadre des résidences
d’artistes.

Calendrier

31 janvier et 1er février2012 | Le Phénix, Valenciennes (partie 1)
20 au 31 mars 2012 | Parc de la Villette, Paris (parties 1 et 2)
3 avril 2012 | Théâtre d'Arles

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